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Alexandre Bertin: son projet de portraits de skateurs

 

Pour en savoir un peu plus sur l’importance de la photographie dans ce projet de bordeaux cité skate, nous avons rencontré Alexandre Bertin, photographe Bordelais.

Depuis quand fais-tu des photos de skate ?
On ne peut pas vraiment dire que je fais de la « photo de skate ». Pour moi, la photo de skate c’est plutôt être en mesure de capter cet infime moment, ce temps suspendu où le rider fait corps avec sa board. C’est un art que je ne maîtrise pas. Mes photos sont des portraits de skaters, ils ne sont plus dans l’action au moment où je fixe leur image sur le film. La photo de skate est très proche finalement de la philosophie skate : « s’affranchir des contraintes et de règles tout en maîtrisant son art ». A l’inverse, je cherche à inscrire le skater dans un ensemble de contraintes lié à la photographie de portrait, dont la première est de poser !

Pourquoi as-tu choisi de faire des portraits et de travailler en couleur?
La photographie de portrait est, pour ma part, un prétexte à la rencontre.La photographie est un art solitaire. La photographie de portrait est, pour ma part, un prétexte à la rencontre. Quelle que soit la personne que je photographie, quelles que soient les conditions dans lesquelles se déroule la prise de vue, le portrait m’apporte toujours une richesse incroyable sur le plan humain.
Le monde du skateboard est un monde haut en couleur, il était donc inconcevable que la série se fasse en noir et blanc.

Quelles sont tes inspirations ?
Ma principale inspiration est le photographe Denis Dailleux. Il vit et travaille au Caire, en Egypte, et dresse à travers une galerie de portraits de Cairotes une sociologie de cette ville en perpétuel mouvement. Il maîtrise l’art de la lumière et des couleurs parfaitement et m’apparait comme le meilleur portraitiste actuel.

Pourquoi fais-tu des photos en argentique et non en numérique ?
J’ai découvert la photographie il y a 5 ans grâce à mon premier appareil photo, un reflex numérique. Jusqu’alors, je considérais la photographie comme un moyen de faire de la « photo souvenir », je n’avais pas conscience de son pouvoir créatif. Puis j’ai commencé à me lasser de l’utilisation de mon reflex numérique. En farfouillant sur internet j’ai découvert l’existence du holga, un petit boitier en plastique fabriqué en Chine au début des années 80, lorsque le pouvoir en place voulait, à moindre frais, équiper tout le peuple chinois d’appareils photo. Ce boitier est mon premier pas dans l’univers argentique que je n’ai pas quitté depuis. Outre l’aspect créatif obtenu par l’utilisation d’appareils simples pour lesquels les automatismes n’existent pas (jusqu’à la mesure de la lumière que j’effectue avec une cellule photovoltaïque), cela m’a permis de comprendre comment utiliser au mieux la lumière. Aujourd’hui, je contrôle l’intégralité du processus depuis la composition jusqu’au tirage final sur papier.
Très vite, j’ai tout de même voulu compléter mon approche avec des appareils de meilleure qualité. J’ai naturellement opté pour du moyen format, à savoir un Mamiya C33 et un Pentax 67, deux appareils relativement anciens mais à la qualité optique exceptionnelle. J’utilise également un appareil Polaroid pour des projets bien précis. Je travaille pourtant toujours avec ce boitier dont quelques unes des photos prises avec lui seront exposées l’été prochain sur le Bassin d’Arcachon au Cap Ferret[1].

Faire des photos en argentique peut-il représenter un frein pour faire connaître ton travail sur internet ?
Pas du tout. Aujourd’hui, il est très facile de scanner un négatif ou un tirage papier et d’obtenir un très bon résultat à l’écran.

Ta première photo tu t’en souviens ?
Je pense que je préfère l’oublier, ou du moins je préfère mesurer les progrès accomplis depuis cette première photo. Il devait s’agir d’une macrophotographie d’un boulon d’une vieille machine agricole rouillée, mais comme dans tout art, faire ses gammes est une étape nécessaire pour progresser et pour ne pas répéter ses erreurs de jeunesse.

Peux-tu nous présenter ton travail ?
Dans le cadre de la semaine digitale et de Bordeaux Cité Skate, il consiste en une série de portraits de skaters accompagnés de leur planche, sur le lieu de pratique. Il peut s’agir de la rue – pour ceux qui pratiquent le street – d’un bol, d’une rampe ou de tout endroit « skatable ».


Peux-tu nous choisir quelques unes de tes photos ?
Je profite de l’élan fourni par Bordeaux Cité Skate pour réellement entamer ce travail qui en est à ses balbutiements. Voici donc les premiers portraits, réalisés au mois de janvier à la Caserne Niel avec les skateurs de la 58ème  impliqués dans le projet Darwin. Voici les portraits de Lucas, Valentin, Mitch et Seb Daurel.
J’invite d’ailleurs tous les skaters qui seraient intéressés par ce projet à me contacter soit par l’intermédiaire du formulaire en bas de page.

 

 

 

Tu sembles très impliqué dans ce projet, finalement envisages-tu la photo comme un véritable projet professionnel ou est-ce simplement un loisir ?
J’ai une activité professionnelle que je n’envisage pas d’abandonner à court ou moyen terme pour la photo. C’est important de garder en tête la définition d’amateur lorsque l’on a l’œil dans le viseur : est amateur toute personne qui cultive un art pour son seul plaisir. Aujourd’hui, avec le développement des nouvelles technologies et la réduction des coûts d’acquisition d’un appareil photo haut de gamme, la frontière entre amateurisme et professionnalisme s’estompe. J’ai beaucoup d’amis amateurs qui n’ont rien à envier à la grande majorité des photographes professionnels. Je vous invite par exemple à découvrir le travail d’Emmanuelle Brisson, qui est à mon avis, la photographe amateur qui monte actuellement (http://www.emmanuellebrisson.com/).

Si tu devais donner des conseils sur la photo pour les futures générations…
Une chose est sûre et valable pour toutes les formes d’art en général, il faut avant tout chercher à se faire plaisir. Sans plaisir, une photo est ratée, aussi parfaite qu’elle soit d’un point de vue technique. Autre chose me semble important : il faut connaître les règles de la photographie afin de pouvoir mieux les transgresser. Enfin, il faut rester humble. Beaucoup de photographes, et sans doute moi le premier,  ont du mal à accepter la critique. Mais comme le disait Henri Cartier Bresson, « Your first 10,000 photographs are your worst ».

 

Pour contacter Alexandre: 

Le tumblr d'Alexandre

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[1] Exposition photographique « Une vie de Bassin », 29 juin – 5 juillet 2012, Annexe de la Poste du Canon, Lège-Cap Ferret.